J’ai peu écrit dans mes carnets en février 1999. Isa et moi en étions tout à notre relation naissante, et je bouclais un livre à paraître en juin. Notre vie intime se révèle à travers nos mails, retrouvés par miracle dans des archives Outlook extraites avec un script Python. Je révèle ces textes sans retenue ni pudeur, comme si j’évoquais des étrangers. En même temps, des bouffées de bonheur me reviennent parce que c’était nous, balbutiant la partition que nous nous apprêtions à composer. Je suis heureux dans ce passé. Mon ami Philippe L, lui aussi frappé par la mort prématurée de sa compagne, me dit éprouver le même besoin de plonger dans les archives. Nous y trouvons du réconfort. Et peut-être que vous aussi, ça reste une belle histoire malgré sa fin prématurée.
Mardi 2, Paris
La théorie de la décohérence explique le passage du quantique au classique. Une théorie équivalente doit expliquer le passage du chaos à l’ordre.
L’écriture se transforme dès la première publication, dès la première relation avec des lecteurs. L’écrivain prend conscience d’eux. Plus il s’éclaire pour lui-même, mieux ses lecteurs le comprennent. Il écrit sans penser à eux. Mais il le fait avant et après. Cet exercice l’aide à rejeter les propos qui ne concernent que lui.
Jeudi 4, Paris
Exposition Rothko avec Claire au palais de Tokyo. Ces toiles qui détruisent l’espace ne me donnent aucune envie de peindre, mais me procurent un plaisir vibratoire.
Samedi 7, Paris
Isabelle, bien que grippée, m’invite au Rosebud, le bar sombre aux boiseries patinées près de chez elle où, les matins en semaine, elle prend son café avant de rouler vers Les Ulis. Je me souviendrai longtemps des œufs à la coque posés devant nous sur le comptoir. Les meilleurs du monde. Une dégustation érotique. Tremper les mouillettes dans le jaune me donnait des frissons. Nous n’étions dupes ni l’un ni l’autre.

Dimanche 7, Paris
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: Pensées dominicales…
Mon retour de chez toi a été doublement profitable. J’ai repensé à nos paroles sur l’amour et réalisé ne pas t’avoir dit toute la vérité en jurant que j’avais l’habitude de parler librement. Je t’ai parlé plus librement qu’avec nulle autre, jamais. Dire que ma franchise était habituelle était d’une part une vantardise, d’autre part une injustice envers toi : si je t’ai parlée aussi facilement, c’est grâce à toi, rien qu’à toi, et non à cause d’un prétendu talent ou entraînement.
Plus je m’éloignais de chez toi, plus j’étais heureux de notre dialogue et plus je regrettais de t’avoir laissée loin de moi. Il me semblait ne pas t’avoir souhaitée une bonne nuit et un bon rétablissement. Puis, je repensais à nos paroles, et la joie revenait. Quel plaisir que parler, surtout quand nous avons des choses agréables à nous dire et que nous nous comprenons.
Je marchais avec ces pensées quand une fringale m’a pris. J’ai acheté un sandwich grec près de la gare d’Austerlitz, dévoré tout en rentrant chez moi. Je me suis couché, j’ai regardé la télé, je me suis endormi. Je ne voulais plus penser pour ne pas briser le charme de cette journée.
Au milieu de la nuit, je me suis réveillé, le sandwich grec ne passait pas, j’ai repensé à notre conversation et une idée a jailli. Pourquoi elle ? pourrait être le titre d’un livre construit sur le modèle de Je me souviens de Perec. Un homme se pose des questions sur sa femme, sur les femmes. Alors j’ai commencé à écrire en pensant à notre conversation.
Pourquoi elle ne prend jamais l’initiative ?
Pourquoi elle veut des enfants ?
Pourquoi elle n’aime pas le football ?
Pourquoi elle parle plus longuement avec ses amies qu’avec moi ?
Pourquoi elle ne me parle plus d’amour comme avant que nous nous aimions ?
Pourquoi elle devient de plus en plus séduisante en vieillissant ?
Pourquoi elle suit un régime ?
Pourquoi elle rêve du prince charmant ?
Pourquoi elle s’habille mieux pour aller au travail que pour sortir avec moi ?
Pourquoi elle ne porte pas de jupe courte ?
Pourquoi elle porte des bas alors qu’il fait chaud ?
Pourquoi elle n’aime pas faire l’amour le matin ?
Pourquoi elle n’est pas la plus belle femme du monde ?
Pourquoi elle n’est pas riche ?
Pourquoi elle ne cuisine pas aussi bien que ma mère ?
Pourquoi elle ne danse pas nue devant moi ?
Pourquoi elle n’invente pas de nouvelles positions ?
Pourquoi elle a un aussi beau sourire ?
Pourquoi elle travaille autant ?
Pourquoi elle ne sait pas ne rien faire ?
Pourquoi elle a peur de se livrer ?
Pourquoi elle croit que je ne la désire que pour son sexe ?
Pourquoi elle m’attire ?
Pourquoi elle m’aime ?
Pourquoi elle ne m’aime plus ?
Pourquoi elle n’aspire pas à la perfection ?
Pourquoi elle accepte mon imperfection ?
Il faudrait aligner plusieurs centaines de questions et les femmes finiraient par mieux comprendre ce que les hommes ont dans la tête. Il faudrait aussi écrire « Pourquoi il ? » Mais ça, je n’ai pas encore assez d’expérience pour m’y essayer.
Cette idée m’amuse et elle est autant de toi que de moi. J’espère que l’échange n’est pas unilatéral et que toi, de ton côté, tu as eu d’autres idées, d’autres pensées, d’autres rêves.
Voilà où j’en étais quand tu m’as téléphoné.
À toutes.
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: RE: Pensées dominicales…
Parce qu’elle attend.
Elle ne sait pas ce qu’elle attend, cette idiote.
Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle n’en peut plus d’attendre.
Pourquoi il ne me voit pas ?
Pourquoi il ne me parle pas ?
Pourquoi il râle ?
Pourquoi il commence toutes ses phrases par « Y a pas de… (sel, fromage, pain, jambon, dentifrice, sparadrap, stylo, essence, mousse à raser, vin, vinaigrette, eau fraîche, serviette propre, sopalin, cornichon, chocolat…) ? »
Pourquoi il me désire ?
Pourquoi il ne me désire plus ?
Pourquoi il ne me surprend pas ?
Pourquoi il ne me provoque pas ?
Pourquoi il ment ?
Pourquoi il ne voit pas que je ne serai jamais parfaite ?
Pourquoi il s’attend à ce que j’aie des jambes de mannequin ?
Pourquoi il grossit autant ?
Pourquoi il s’avachit ?
Pourquoi il ne respecte pas son corps alors que le mien devrait être parfait ?
Pourquoi il part ?
Pourquoi il a peur ?
Pourquoi il fuit ?
Pourquoi il me déçoit ?
Pourquoi il y a un avant et un après la première fois ?
Pourquoi il n’écoute pas les silences autant que les mots ?
Pourquoi il ne lit pas entre les lignes ?
Pourquoi il part en croisade ?
Pourquoi il ne sait pas cuisiner ?
Pourquoi il sait cuisiner et ne cuisine que pour ses amis, pas pour moi toute seule ?
Pourquoi il ne veut pas d’enfants ?
Pourquoi il dit toujours la même chose ?
Et :
Pourquoi elle ne peut pas l’aider à ne plus tourner en rond ?
Pourquoi elle ne lui sert à rien ?
Pourquoi elle n’arrive pas à le quitter ?
Pourquoi elle se laisse enliser ?
Pourquoi elle attend ?
Ça fait pas mal de pourquoi pour ce soir, et c’est la plus belle lettre que j’aie reçue depuis très longtemps, trop longtemps. Je suis bourrée d’aspirines, et je vais bien, très bien !
J’ai lu ton livre cet après-midi.
Je me suis sentie bête, je n’ai pas tout compris.
J’ai cru à son ambivalence à lui, à ce qu’il disait, mais elle, je ne sais pas qui elle est, je n’ai jamais rencontré de femme comme elle, je ne la comprends pas, est-ce qu’elle existe ? Alors quand j’ai refermé le livre, je me suis demandée si c’était une pièce de théâtre avec un seul acteur qui fait les questions et les réponses, ou bien un monologue avec des questions et pas de réponse ?
Pourquoi écris-tu ?
Ce soir quand je franchirai ta porte, je serai contente que tu aies arrêté d’écrire des romans, et tu ne m’en voudras pas, parce que je te dirai pourquoi.
Je t’embrasse
Note (17 mars 2026) : « Je serai contente que tu aies arrêté d’écrire des romans. » J’ai oublié ce qu’Isa voulait dire. Nous n’avons pas beaucoup parlé ce soir-là (ça, je m’en souviens). Je pense qu’elle ne voulait pas se retrouver personnage fictionnalisé dans un roman. Je la trahis peut-être en publiant mes carnets, mais la situation est bien différente. J’ai besoin de parler d’elle parce que je l’aime toujours et qu’elle me manque. En tout cas, notre relation a été d’emblée intellectuelle et littéraire.
Lundi 8, Paris
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: ce week-end
Je peux être dispo vendredi à 16h30 (si si si si, tout est possible) et il faudra que je sois aux Ulis lundi matin, pas vraiment d’heure (vrai de vrai !).
J’ai du mal à m’y mettre…
xxx
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: RE: ce week-end
Je suis tout plein de toi. Je me suis rendormi, j’ai rêvé, le téléphone m’a réveillé. Je me demande comment je vais patienter jusqu’à demain avant de te revoir. En travaillant, mais je suis dans un état où le travail est presque impossible. Je vais essayer tout de même. En pensant à toi et en nous cherchant un nid douillet pour le week-end.
Mercredi 10, Paris
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: un homme!
Je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse, partout, là où tu aimes le plus sans que je sache exactement où encore, alors je recommence, je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse, et quand je comprends où tu adores, je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse, et comme j’oublie dans l’instant où tu adores, je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse, à la recherche de là où tu adores. Mais bon, pour l’instant, je vais essayer de travailler. Non, je t’embrasse encore, encore, encore, encore.
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: RE: un homme!
mmmmmmmmmm
Je t’attendais sans t’attendre, et maintenant, je t’attends vraiment !
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: RE: un homme!
Ta réponse exigera de longues, très longues explications… en attendant je te [un verbe tendre de ton choix] encore, encore, encore…
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: RE: un homme!
heu…
C’est le service technique de Microsoft qui va se régaler en découvrant nos mails. Mon PC est toujours en rade, je suis sur un PC de rechange.
xxx
Vendredi 12, Sologne
Je récupère Isabelle chez Microsoft aux Ulis et nous filons sous une pluie battante vers la Sologne, où j’ai réservé un B&B recommandé par plusieurs guides. L’hôte nous présente la chambre : humide, vieillotte. Impossible de dormir là. J’entraîne Isabelle vers la voiture. Elle rigole. Nous nous enfuyons. Nous sautons d’hôtel en hôtel. Tout est complet. Nous découvrons que c’est le week-end de la Saint-Valentin. Nous terminons dans un Relais & Châteaux, où nous dînons dans une vaste salle peuplée de vieux couples. Nous ne cessons de rire.
Samedi 13, Sologne
Il pleut toujours. Nous quittons l’hôtel le plus tard possible, visitons Chambord et Chenonceaux, puis nous dirigeons vers le second B&B, plus acceptable. Le soir, impossible de trouver un restaurant avec des places. Nous maudissons la Saint-Valentin. Nous roulons durant une heure avant de finir par acheter une pizza à un pizzaïolo stationné sur un parking. Nous la mangeons dans la voiture. Nous nous souviendrons de notre premier week-end en amoureux.
Dimanche 14, Sologne
Retour vers Paris. Nous nous jurons de ne plus jamais remettre les pieds en Sologne tout comme de ne jamais fêter la Saint-Valentin. Nous sommes effarés par les absurdités que les marketeux, collègues d’Isabelle, parviennent à nous faire avaler.
Lundi 15, Paris
Cioran : « Les Allemands manquent de sagesse ; ils ont du génie, mais aucune sagesse. Ils ne vivent ni l’Histoire ni la vie elle-même : ils veulent toujours et encore construire, ériger. Et, dans la philosophie, cela ne peut se faire que par l’intermédiaire du système. » Suis-je Allemand ? J’ai pourtant compris l’impossibilité de tout système. Cioran est très fort pour balancer des vérités à deux balles. Si je disais la même chose, on se foutrait de moi. Pour lui, ça passe. La notoriété autorise la connerie.
Mon histoire d’amour avec Isabelle me dispense de mots. Tomber amoureux, c’est un excès d’oxygène. Ma longue liaison avec P m’avait fait oublier cette merveille. Suis-je amoureux ? Isabelle ne correspond en rien au portrait de la femme fantasmée et elle m’attire. Je n’y comprends rien. Il n’y a rien à comprendre. Pourquoi refuser cet amour ? Parce qu’il arrive trop vite ?
Mardi 16, Paris
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: Mardi matin
Ma nuit était pleine des pensées de Cioran que tu m’as lues hier soir. Je n’en ai pas rêvé, donc je ne pense pas les avoir vraiment assimilées encore. En tout cas, elles ont repoussé tout rêve de Microsoft, ce qui est déjà un exploit, et elles m’accompagneront bien encore un petit bout de journée !
Je t’embrasse…
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: RE: mardi matin
Tu pourrais rêver des pensées de Cioran ? De Microsoft, je comprends, ça peut m’arriver, mais de Cioran, ou d’une pensée en général, jamais, ou alors je ne m’en souviens pas. J’ai très bien dormi jusqu’à 7h45 quand le réveil a sonné, j’avais oublié de le désactiver, ça m’a soudain rappelé une anomalie, tu n’étais pas à côté de moi.
Je te câline.
Isabelle a une formidable surpuissance cérébrale. Sa machine cognitive s’emboîte à la mienne. Elle est mon contraire, ce qui me manque désespérément. Un artiste peut-il vivre avec sa muse sans désastre ?
Mercredi 17, Paris
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: Mercredi midi
J’ai vu un ange ce matin. Une postière aux cheveux blonds, longs. Je suis sûre que c’était un ange. Après, sur l’A6, j’ai vu un oiseau qui faisait du sur place, face au vent, sans bouger les ailes.
Ça c’est moi ça !
J’ai rêvé la nuit dernière que j’avais un accident de voiture, et que je découvrais que les gens étaient tristes.
Enfin pas tous !
J’ai hâte que tu me fasses à nouveau sourire, ce soir…
Jeudi 18, Paris
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: e-mail secret!
Il est presque treize heures et je n’ai fait que m’occuper de littérature. Bon, je vais me mettre au travail mais, avant, reçois des caresses partout.
à toute…
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: RE: e-mail secret!
Quand est-ce qu’on a dit qu’on partait en vacances au Maroc ? Et d’ailleurs, c’est ce qu’on a dit, ou bien je l’ai rêvé ?
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: RE: e-mail secret!
Tu as dû le rêver, et moi aussi, c’est bizarre, non ?
On peut partir le 6 et toute la semaine suivante ou le 13, comme ça t’arrange. J’envoie mon prochain livre sur Internet/IE5 à l’imprimerie le 3.
A+++++++++++++++
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: RE: e-mail secret!
Alors le 6 (le 18, c’est le lancement IE5, je ne manquerais ça pour rien au monde, quand même !), mais ça veut dire que je devrai bosser pas mal les week-ends qui précèdent (et annuler mon week-end à Nancy).
Vendredi 19, Paris
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: Déjà une semaine
Je n’ai pas vu le temps passer depuis lundi. Il y a un instant on partait pour le week-end et déjà un autre arrive. C’est comme si durant la semaine on ne vivait pas suffisamment, comme si rien de fort ne venait se fixer dans notre mémoire. C’est un effet relativiste : le week-end était trop fort et a tout balayé. Alors il nous faut le recommencer encore et encore.
PS: hier soir, tu as laissé ton maillot chez moi, mais tu dois en avoir toute une collection.
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: RE: Déjà une semaine
C’est une collection, deux ?
Dis, ce n’est pas plutôt Octobre Rouge qui te met dans cet état un vendredi matin ?
Parce que là, pour du déjà vu…
Je t’appelle ce soir,
xxxx
Samedi 20, Paris
En terrasse au café Bastille. Nous sommes beaux, on nous regarde avec envie. Une grand-mère nous demande pourquoi nous sourions autant. Isabelle lui répond : « Nous sommes amoureux. »
Mardi 23, Paris
Le soleil est là, il s’en va… Je prépare notre voyage au Maroc. Ouarzazate semble une bonne destination. On peut y dormir une nuit avant de descendre à Zagora. Oasis aux portes du désert. Là, on explore le coin et on farniente. Il faut toutefois louer une voiture dès Ouarzazate. Je téléphone à Nicolas pour avoir des infos. Isabelle m’envoie le projet pour son MBA à Columbia. Je lui suggère quelques ajustements.
Jeudi 25, Paris
Prémices de printemps aux jardins du Luxembourg. Tout est beau. Je suis heureux, tout est simple. Une illusion ? Ai-je saisi la première chance ou est-ce la chance de ma vie ? Hier, en terrasse de café, pour la seconde fois en quelques jours, une cliente nous a dit : « Vous êtes amoureux, ça se voit. » Les autres savent que nous sommes amoureux avant nous. On ne peut dissimuler les excès de bonheur.
Une vieille mange des marrons et jette écorces et emballages autour d’elle. De son sac à main posé entre ses jambes dépasse un magazine.
Envie de voyager, de noter ce que les lieux me racontent. Au Maroc, est-ce que je réussirai à écrire avec Isabelle près de moi ? Pour l’instant tout est joie pure.
Je termine mon nouveau livre sur Internet. Je relis Décalage, documentaire sur une rupture dont la lecture m’est insupportable dans mon état de bonheur (et après la critique d’Isabelle). J’avais le projet d’écrire sur les moments exceptionnels et j’ai parlé de la jalousie, de la trahison, des doutes, du désir d’une autre vie.
De: Thierry
À: Isabelle
Sujet: Maroc
On pourrait modifier notre programme.
Samedi Ouarzazate
Dimanche/Lundi/Mardi Tinerhir (deux étoiles au Michelin — la plus belle ville de la région).
Hôtel Tombouctou (le routard dit que c’est un endroit de charme). La description donne envie de s’attarder. On peut faire des randonnées VTT dans l’oasis. Compare avec ce qui est dit dans tes guides.
Mercredi/Jeudi/Vendredi Zagora (pas d’étoile au Michelin pour la ville, mais deux étoiles pour la vallée du Drâa)
On coupe le séjour en deux comme ça !
A+
De: Isabelle
À: Thierry
Sujet: RE: Maroc
Tinerhir/Tombouctou: Lonely Planet dit la même chose que le Routard. Ça me dit, c’est parti. Le guide bleu confirme ce que disent les autres.
C’est le mieux, tu as raison.
J’appelle!
xxx
