Moins les sceptiques utilisent et comprennent les IA, plus ils ont d’avis à leur sujet. Je rigolerais si les avis de principe n’étaient pas souvent dangereux. « Les pauvres n’ont qu’à travailler plus pour gagner plus. » « Les femmes sont moins douées que les hommes pour les sciences. » « L’insécurité, c’est à cause des immigrés. » On peut décliner les mêmes salades au sujet des IA. « Complot du grand capitalisme contre l’écologie. » « Système pour nous rendre encore plus cons. » « Machine à copier-coller géante. » Et pourtant nous sommes de plus en plus nombreux à les utiliser. Sommes-nous débiles, inconséquents, irresponsables ? La question se pose.
Comme je suis curieux, j’ai tendance à respecter les expérimentateurs des nouvelles technologies. Avant de vous parler d’où j’en suis dans mon rapport à l’IA et de ce qui marche ou pas pour moi, je vous présente trois utilisateurs emblématiques.
- Michael G Wagner est universitaire. Il raconte qu’avant l’IA il écrivait avec la plus grande difficulté. Désormais, l’IA l’aide à dépasser son blocage. Il explique sa technique et les outils qu’il utilise. Ses articles souffrent du travers verbeux des IA et Michael devrait resserrer, mais le résultat est là : il dépasse un blocage qui l’a longtemps handicapé. Il se sent beaucoup plus créatif. Est-il débile ?
- Luciano Floridi est professeur de philosophie à Yale. Pour lui, l’écrivain devient l’architecte de son œuvre, les IA s’occupant des basses œuvres, l’écriture. Luciano vient d’écrire un roman sans jamais écrire une phrase de ce livre, juste en pilotant des IA. Est-il débile ?
- Sébastien Bailly est écrivain. Il a beaucoup écrit avant l’IA, mais curieux des outils d’écriture, il expérimente avec l’IA depuis aussi longtemps que moi. En plus de faire une veille remarquable sur tout ce qui concerne IA et écriture, il tente d’écrire un roman comme j’ai pu le faire avec Le Code Houellebecq en 2023, mais en racontant en même temps comment il l’écrit. Est-il débile ?
Cerise sur le gâteau : les développeurs qui utilisent des outils de codage au point de voir leur productivité démultipliée dans des proportions presque inimaginables sont-ils débiles ? On peut toujours plaisanter en les accusant de créer du code spaghetti, mais sans mettre les doigts dans ces outils, on ne peut même pas pressentir leur puissance fulgurante. Critiquer sans savoir, sans avoir essayé, par position de principe est une attitude détestable (qui rapporte des vues dans certains milieux). Il n’est pas question pour moi de voir l’IA comme géniale ou merdique, mais d’avoir face à elle une attitude critique et constructive. Comme dans toute technologie, il y a du bon, du moins bon, du très mauvais.
Quelques arguments fallacieux
La plupart des IA sceptiques avancent un argument pour eux définitif : les IA ne fonctionnent pas comme nous, elles n’ont aucun moyen de rivaliser avec nous. En effet, nous sommes des entités biologiques, les IA des entités numériques, et alors ? Un marteau-piqueur défonce la pierre ou le béton plus vite que moi avec un marteau et un burin. Nous ne fonctionnons pas sur la même base matérielle, ça n’empêche pas le marteau-piqueur d’être plus fort que moi dans certains domaines. Considérer le biologique comme supérieur au numérique me paraît un anthropocentrisme.
Les sceptiques plus rigoureux affirment que notre maîtrise du langage est supérieure à celle des IA parce que nous abordons le problème de manière différente. Dans sa newsletter, Alexis Bonon, avec qui je suis pour l’essentiel d’accord, cite le philosophe Éric Sadin :
Le grand vice qu’il nous faut dénoncer consiste à tenter de faire croire que cette production machinique s’apparente en tout point au langage humain, alors que dans sa constitution même, elle est absolument sans rapport. Et la première des raisons, c’est que la façon dont nous jouons avec le verbe n’est pas fondée sur la corrélation, mais sur l’association. Là est notre singularité dans la pratique de la langue : personne n’y opère des rapprochements identiques de pensée, pensée dont dépend notre élocution.
Mais d’où tire-t-il cette assertion ? Les théories du langage, comme celles de Chomsky, imaginent diverses modalités cérébrales sans qu’aucune n’ait jamais été convaincante. Aujourd’hui, des scientifiques comme Ev Fedorenko ou Elan Barenholtz supposent que nous ne fonctionnons pas si différemment d’un LLM : selon eux, à force d’observer le monde, nous inférons des règles statistiques, c’est-à-dire effectuons justement des corrélations (pas besoin de grammaire précâblée comme le suppose Chomsky).
Est-ce absurde ? À minima, les LLM ont la capacité de simuler le langage, ce que n’ont jamais réussi les modèles construits sur les anciennes théories. À ce jour, les LLM sont notre meilleure façon d’expliquer comment le langage fonctionne, tant bien même nous fonctionnons différemment (l’évolution a parfois découvert des solutions différentes pour arriver au même résultat).
Un autre argument de poids des sceptiques : les IA sont des programmes déterministes, elles ne peuvent pas être créatives. Pour en être sûr, il faudrait d’abord s’entendre sur une définition même approximative de la créativité, ce qui est loin d’être évident. J’utilise une définition de très bas niveau : est création une chose qui apparaît dans le monde et qui n’existait pas avant.
Dans la pratique, les LLM ne sont pas déterministes. Si vous interrogez un même modèle avec un même prompt à plusieurs reprises, il ne vous donnera pas la même réponse parce qu’il sélectionne les tokens suivants, surtout quand ils ont le même poids, par tirage aléatoire (on règle le degré d’aléatoire avec la température des modèles). Il suffit que l’aléatoire décale un token pour que la chaîne des suivants parte dans une direction différente et génère une autre histoire.
Quand un LLM engendre une séquence de mots, presque toujours elle n’a jamais été produite au préalable. Il s’agit d’une création de très bas niveau, mais une création tout de même. Un LLM n’est pas un photocopieur, encore moins une base de données, il prédit les mots suivants, donc ne plagie rien du tout.
Tout ça pour dire qu’on ne peut pas rejeter l’IA avec des avis de principe. Les arguments écologiques ou juridiques paraissent hors sujet vis-à-vis de mon approche expérimentale. Je sais que les opérateurs de LLM ont enfreint le droit d’auteur quand ils ont entraîné leurs modèles et que l’empreinte carbone des datacenters est monstrueuse, ce n’est pas une raison pour fermer les yeux sur les possibilités des IA, encore moins une raison de refuser de comprendre de l’intérieur ce qui se joue, sans quoi résister même à l’extérieur sera impossible.
J’attends beaucoup des LLM portables et libres qui tourneront sur des ordinateurs dotés de NPU (Neural Processing Unit). L’IA n’est pas condamnée à tourner dans des datacenters. Durant l’histoire de l’informatique, on a sans cesse assisté à des va-et-vient entre centralisation et décentralisation. L’hypercentralisation actuelle, plus qu’effrayante, n’est pas une fatalité.
En attendant, j’ai envie de savoir en quoi les IA me permettent de changer mes pratiques et me poussent à écrire des textes que sinon je n’écrirais pas. Je vais tenter de parler de cette dimension, après trois ans de vie avec les IA et trois romans où elle est au cœur du sujet :
- One Minute, écrit en 2015 et publié en 2022, était déjà une histoire d’IA (méditation philosophique sur leur limite puisque les IA extraterrestres ne nous ont pas encore envahis — ce qui démontre l’impossibilité de créer des supers intelligences conquérantes).
- Le Code Houellebecq, publié début 2024, où je tente de faire écrire du Houellebecq par les IA de 2023 (et raconte dans la seconde partie du roman l’histoire romancée de cette écriture).
- Rush, publié en novembre 2025, où je cherche à écrire ce que les IA ne pourraient jamais écrire (travail que je n’aurais pas pu mener sans avoir utilisé les IA intensivement pour Le Code Houellebecq — mais Rush a été écrit à la mano).
La métaphore architecturale
Avant de vous expliquer comment j’écris aujourd’hui, je m’arrête sur une passionnante interview de Luciano Floridi repérée par Sébastien Bailly. Luciano utilise l’IA pour écrire ce qu’il n’aurait pas pu écrire avant : un roman (il est philosophe). Il donne l’exemple de la peinture à l’huile qui a ouvert des possibilités techniques impossibles avec la peinture à l’eau (le sfumato par exemple qui exige des glacis). Il ne faut toutefois pas confondre ce qui était impossible pour tous (le sfumato) et impossible pour soi (même avec de la peinture à l’huile je ne sais pas créer le sfumato). En l’occurrence, le futur roman de Luciano ne me paraît pas hors de portée des auteurs pré-IA.
Son usage est le « distant writing », l’écriture à distance où on délègue l’écriture. Il explique qu’écrire un texte de 2 000 mots selon cette technique lui demande environ 40 heures de travail (c’est gigantesque, j’écris à la main beaucoup plus vite, même quand j’inclus la recherche documentaire). Selon lui l’auteur doit demander au modèle de sans cesse ajuster le ton, les dialogues, les situations, les personnages… Peu à peu, on façonne le texte et y met de soi au fil des prompts.
Luciano dit : « Si je monte à cheval sans savoir comment le guider, c’est lui qui prend le commandement. C’est la même chose avec les LLM. » Il en vient à comparer l’auteur à un architecte ou un designer (minute 31). Par exemple, Donato Bramante est l’architecte de Saint-Pierre de Rome, mais il n’a pas construit lui-même Saint-Pierre, il n’a pas sculpté une à une les colonnes, pas plus que dressé les murs. Pourtant Saint-Pierre est son œuvre. Luciano prédit que bientôt on se souviendra des livres pour leur designer comme on se souvient des monuments pour leurs architectes (c’est négliger qu’il y a du design dans chacune de nos phrases).
Pour lui, on passe de « je l’ai fait de mes mains » à « je suis responsable du design », à la même manière que l’architecte est responsable de la construction sans construire lui-même. « C’est ma création parce que j’en suis responsable non parce que j’ai mis les mains à la pâte. » Luciano oublie que les grands architectes ont toujours été de grands ingénieurs, de grands connaisseurs des techniques de construction. Ils ne faisaient pas eux-mêmes faute de temps mais auraient souvent été capables de faire si nécessaire.
Luciano dit ne pas se préoccuper du ciment (ce qui a toujours été une préoccupation des architectes dès la Rome antique). Luciano prétend que les IA écrivent proprement et je trouve qu’elles écrivent médiocrement, malgré mes efforts pour leur interdire les figures de style dont elles raffolent.
Si je trouve louable l’ambition d’écrire un livre sans en écrire une ligne, je n’en fais pas un exploit, des dizaines de livres générés quasi-automatiquement envahissant les librairies en ligne. Pourquoi sont-ils médiocres ?
Ça marche avec le code
Si la méthode de Luciano fonctionne pour son roman, une succession de chapitres relativement indépendants, elle me paraît en l’état de nos technologies vouée à l’échec pour un texte dense, long, homogène. Par exemple, en août dernier, j’ai tenté de faire réécrire un de mes livres par les IA, tâche plus simple qu’en écrire un, et je n’y suis pas arrivé. Sébastien me démontrera peut-être que je me trompe, mais je demande à voir.
Mais pourquoi on réussit à écrire des codes complexes avec des outils comme Claude Code ou Gravity et pas des romans ? Cela tient à la nature du code. Une fois une fonction programmée, elle peut devenir une boîte noire avec input et output. Le LLM n’a plus à s’occuper de l’intérieur. Une ligne suffit pour décrire la fonction. Il peut de même emboîter plusieurs boîtes noires pour en créer une plus grande.
Un roman c’est tout autre chose. Les chapitres ne sont pas réductibles à input et output. Il faut les voir comme un flux où presque chaque mot a des répercussions lointaines dans la structure, ce qui est au-delà de la granularité de l’espace mémoire des modèles actuels. Plus rédhibitoire, un roman existe autant par les dits que les non-dits (la fameuse structure iceberg d’Hemingway). Les IA ne voient que le sommet de l’iceberg et passent à côté de la littérature qui est autant présence qu’absence (je joue avec cette idée dans Rush). Gérer les connexions longues portées et les absences, c’est souvent plus complexe que la seule écriture. Chaque fois que j’ai voulu faire écrire des textes longs aux IA, j’ai perdu mon temps.
L’IA, chef de chantier
Reste que la métaphore architecturale de Luciano me paraît intéressante et je vais me la réapproprier pour décrire mon travail actuel.
Contrairement à Luciano, j’aime écrire, me plonger dans un texte romanesque, changer de monde avec mes personnages, voir leurs pensées se former presque par-devers moi. L’écriture est une des joies de ma vie. Si demain plus personne n’écrit comme l’anticipe Luciano, il y aura moins de joie dans le monde, et sans doute moins d’idées, parce que nos meilleures idées surviennent quand nous créons, au détour des phrases, des traits, des notes. Je me revendique comme maçon, comme artisan. Mon ciment, c’est mon style.
L’architecte dessine, multiplie les esquisses, avant de passer aux plans de détail, de plus en plus techniques. Ce travail n’est ni plus ni moins qu’une écriture, qui se déploie en même temps que de nouvelles idées et possibilités surgissent. J’ai l’impression que Luciano est souvent davantage chef d’orchestre d’une partition déjà écrite qu’un véritable architecte en train de créer.
Maintenant que les plans d’exécution sont terminés et les ouvriers embauchés, on a besoin d’un chef de chantier. Son job : faire en sorte que les ouvriers mettent en œuvre le projet de l’architecte. C’est à ce rôle presque exclusif que je cantonne désormais les IA quand j’écris. Je vais détailler la méthode.
Un John Truby dans la poche
Jusqu’à présent, j’ai écrit mes livres sans plan, partant sur une intuition, révisant sans cesse le projet au fur et à mesure qu’il avançait. Comme j’aime écrire, j’aime aussi réécrire. Ça ne m’a jamais posé de difficulté. J’expérimente néanmoins une nouvelle méthode. Après avoir lu The Anatomy of Story et The Anatomy of Genres de John Truby, je me suis dit pourquoi ne pas appliquer cette méthode pour mon nouveau roman.
C’est assez contraignant, les étapes nombreuses jusqu’à la construction d’un scénario, phase préliminaire à toute écriture. Sans IA, je n’aurais jamais eu le courage de m’y atteler. Difficile pour moi de ne pas écrire et de juste réfléchir à ce que je voudrais écrire.

Voici ce que j’ai fait:
- Dans Dust, j’ai créé un space où j’ai rangé les bouquins de Truby.
- Puis j’ai créé un assistant « Tu es John Truby… » qui accède à ce space.
- Pour chacune des étapes de la méthode décrite par Truby (Premise, 7 Steps, Characters, Moral Argument, Story World, Symbol Web, Plot, Scene Weave), j’ai créé un chat spécifique et un document portant le nom de l’étape.
- Dans ce chat, pour chacune des nombreuses sous-étapes, je demandais à l’assistant de valider ce que j’envisageais, de me corriger et éventuellement de faire des suggestions. J’ai spécifié que les réponses devaient être justifiées par des citations de Truby. J’ai tout fait pour éviter le jus de crâne des IA. Quand j’étais satisfait, je complétais mon document de travail.
- À plusieurs reprises, je me suis retrouvé dans un corridor cognitif, moment où la réponse de l’IA a déclenché en moi une explosion de créativité. Par exemple, alors que je construisais le scénario, un huis clos, l’assistant m’a demandé quelle était l’influence du monde extérieur. J’avais négligé cette dimension.
- Une fois une étape achevée, j’ajoutais le document à mon space de façon à me créer une bible, puis je demandais à mon assistant de le prendre en compte pour la suite.
- Je ne m’interdisais jamais de réviser les documents déjà produits et maintenais l’intégrité de la bible.
En deux semaines de travail intense, j’ai déroulé la méthode de bout en bout, produisant près de 250K signes de notes : fiches détaillées pour les personnages, description du monde, scénario avec près de cent scènes… Pour la première fois, j’avais une idée précise de l’histoire à raconter avant de la raconter.
J’ai cru que j’étais en train de me stériliser. Et c’est tout le contraire qui s’est produit. Ce travail architectural plutôt que m’inhiber démultiplie désormais ma créativité. C’est une grande surprise.
J’en suis à la seconde phase. J’ai troqué mon costume d’architecte pour le bleu de l’ouvrier. Voici comment j’écris :
- Je rédige une scène à l’ancienne (sans rien demander aux IA).
- Je demande à l’assistant-chef de chantier de vérifier si la scène respecte la structure d’une scène selon Truby et si elle s’inscrit dans l’architecture prédéfinie.
- Quand l’assistant me critique, je modifie le texte jusqu’à respecter le cahier des charges de Truby et mon architecture.
- Dès que j’ai une idée, je modifie l’architecture, c’est-à-dire tous les documents de ma bible.
- J’utilise les IA pour la documentation. Elles me font gagner beaucoup de temps, mais je vérifie les informations retournées. Comme j’ai certains passages techniques, je leur demande de les valider. Souvent elles découvrent des imprécisions.
- Quand un de mes personnages lit un livre ou un article, ou même les écrit, je demande aux IA d’en établir un plan à partir de mes notes, puis d’ajouter des citations chapitre par chapitre, puis de les développer. En une heure, je me crée des textes de référence, la partie immergée de l’iceberg, mais qui m’aide à densifier mon story world, d’une façon assez stupéfiante.
- Je répète la procédure scène après scène.
- À la fin de la première partie, j’ai demandé à mon assistant connecté à Claude de l’évaluer selon Truby mon plan d’ensemble. Échec total, affabulation, du grand n’importe quoi. J’ai alors basculé le même assistant sur Gemini Pro et là j’ai été bluffé par la précision des retours et des ajustements qui m’ont été demandés.
C’est comme si John Truby me regardait écrire et me corrigeait sans complaisance. Je prends ces conseils, les discute, les refuse, mais chaque fois en toute conscience. Je ne sais pas si le texte sera bon, mais j’expérimente une écriture neuve pour moi, mettant l’IA à une place où elle m’aide et me stimule sans qu’elle se substitue à moi dans la structuration du roman et son écriture. Elle joue tantôt le rôle d’un éditeur, d’un professeur ou d’un flic. Je trouve ça jubilatoire.
PS1 : J’utilise la méthode de Truby mais pourrais en utiliser bien d’autres ou même fixer mes propres règles ou encore demander à une IA d’extraire des règles des livres d’un auteur dont j’aime le style (ce que je ferais aujourd’hui si je réécrivais Le Code Houellebecq).
PS2 : Et l’IA dans cet article ? Je me suis contenté de lui demander de faire de la correction orthotypo, en seconde passe après Antidote. La rédaction a dû me prendre une dizaine d’heures pour 4 000 mots.