Avec le club de Poussan, nous partons chaque année en Espagne pour changer d’air, occasion cette fois de programmer des recos g727 2026. Nous nous garons à Perpignan avec l’intention d’aligner les kilomètres durant nos quatre jours d’escapade, mais le vent tempétueux, comme l’année dernière, en décide autrement.
Samedi 28
De Perpignan, et précisément de Toulouges où nous avons un parking sécurisé, nous suivons le magnifique canal de Perpignan, bordé de platanes, jusqu’à rejoindre la trace plus à l’ouest. De là, nous fonçons plein sud vers les Pyrénées. La trace est roulante. Seule difficulté : la descente un peu défoncée vers La Conterrane et sa traversée à gué. Ça devrait être à sec en septembre. Le Canigou est blanc de neige, le vent nous pousse. Nous franchissons la chaîne à l’un de ses points bas, à 570 m, sous le fort de Bellegarde.
La descente vers l’Espagne s’effectue en toboggan, avec quelques coups de cul mémorables. Si vous roulez avec des développements gravel 40-46, vous risquez de souffrir (montez de préférence un plateau de 38 ou de 36). Rassurez-vous : j’ai été le seul à mettre pied à terre dans un passage à plus de 20 %. Pas de souci, ça ne dure pas.
Après La Jonquera, la trace devient plus bucolique, même si elle a nécessité quelques ajustements. Nous la quittons à la hauteur de Figueras pour filer vers l’est en direction de Rosas où nous avons notre hôtel.










Dimanche 29

Nos téléphones sonnent et nous annoncent une alerte météo déconseillant les activités de plein air, avec des vents à plus de 125 km/h. Nous tentons de rejoindre Cadaqués et d’esquisser la reconnaissance prévue pour le jour 2, mais nous rebroussons chemin.








Lundi 30
Vent toujours violent, mais gérable. Pendant que la plupart des copains partent reconnaitre le secteur Cadaqués et la frontière française, les bikepackers et moi repartons de Figueras pour une longue boucle de 130 km vers Gérone, puis retour vers la côte et Rosas.
Au lieu d’avoir vent de dos, une bonne brise nous ralentit tandis que nous traversons des zones agraires et des pinèdes. Nous jardinons dans un secteur VTT, nous enlisons dans des ornières — espérons asséchées en septembre —, enjambons des arbres couchés par la dernière tempête, puis rejoignons le Riu Ter, que nous longeons par une belle piste gravel en direction de Gérone.
Après la traversée d’une ville pétrochimique de banlieue, nous regagnons les berges et nous retrouvons au cœur de la ville. Plus un souffle de vent, douceur printanière. Coup de foudre ! Une pure merveille. Nous ne nous attardons pas, mais nous le ferons en septembre sur le g727.
La sortie de la ville pique les jambes, jusqu’au sommet de El Girones, puis du Puig de les Aligues. Magnifique massif forestier, avec quelques pourcentages à brûler les jambes. Vue incroyable sur la ville et les Pyrénées. Descente roulante, sauf quelques secteurs défoncés par les forestiers qui débitent les arbres abattus par la tempête.
Nous débouchons dans la plaine quand le vent nous reprend de face. Les quarante derniers kilomètres font mal aux jambes. Nous coupons la plaine par des pistes de pur gravel et quelques petites routes, avant d’atteindre la pinède de L’Escala, magnifique ville en surplomb de la mer, face à Rosas à l’autre bout du golfe. Après Sant Pere Pescador, nous tentons de retourner explorer le parc des oiseaux, définitivement interdit aux vélos. Bien dommage. La trace passera donc par les vergers plus au nord et Castello di Empúries, à la grandiose cathédrale.













Les copains ont fait cinquante bornes de moins que nous, mais autant de dénivelé, sur un des hauts lieux pour les fans de gravel. On ne perd jamais la mer de vue. Après Cadaqués, la montée est sérieuse, sans que personne ne se plaigne. La descente vers Port de la Selva est roulante. En revanche, après Llança, la montée en direction du col de Banyuls a piqué les jambes de tout le monde. En septembre, après déjà 400 km de bikepacking, il ne faudra pas hésiter à pousser les vélos.






Mardi 31
Nouvelle tempête, avec des rafales à 140 km/h au pied des Albères. Nous décidons d’abréger notre séjour. Il nous faudra revenir explorer le secteur autour du col de Banyuls. Encore de belles recos nous attendent pour préparer une trace trois étoiles. Place à la récupération : samedi 4 et dimanche 5, c’est la POU100 2026, avec une météo sublime annoncée.