Thierry CROUZET

Le bikepacking, c’est plus que du vélo

Après un voyage comme le 727 VTT 2026, on nous demande souvent « Alors, c’était comment ? » La réponse la plus évidente : « Il faut le vivre pour comprendre. » Même les gros rouleurs risquent d’avoir du mal à apprécier ce que nous vivons en bikepacking.

Si pour certains c’est un défi personnel en solitaire, pour beaucoup d’autres c’est avant tout une expérience sociale avec la trace comme fil rouge. Elle nous procure des expériences sportives, esthétiques, culturelles, et surtout conversationnelles quand nous acceptons de rouler en groupe, de nous attendre et de nous entraider dans les moments difficiles.

Les traces des huit 727 VTT
Les traces des huit 727 VTT

Sur un 727, les groupes ne se décident pas à l’avance. Ils se façonnent au fil des kilomètres et des éditions. C’est une aventure transgénérationnelle. Dans notre groupe, qui a compté jusqu’à 17 bikepackers, sur 30 partants, le plus jeune avait 27 ans, le plus âgé 66. Il y avait des artisans, des fonctionnaires, des journalistes, des indépendants (moniteur de ski, kiné, consultant, graphiste…). Une seule femme : un point à travailler (mais on est meilleur à gravel qu’à VTT).

Statistiques
Statistiques

Durant cinq jours, nous nous sommes arrachés à nos quotidiens pour entrer dans une temporalité parallèle, où chaque seconde a laissé des traces indélébiles dans nos mémoires, imprimées avec un surplus d’encre, peut-être parce que nous prêtons attention à l’endroit où nous posons nos roues, nous ouvrant aux paysages, odeurs, lumières qui trouvent en nous une matière meuble.

En 2017, un article a révolutionné l’intelligence artificielle : Attention Is All You Need, une épopée racontée dans Wired. Nous aussi avons besoin d’attention, attention à notre environnemment et à nos semblables. C’est ça le bikepacking. Un concentré d’expérience humaine que le tourisme ne m’a jamais procuré, surtout pas l’individualisme à tout crin, encore moins celui prôné par la plupart des évènements vélos qui cultivent le pire de nous-mêmes, alors qu’un léger déplacement du curseur suffit à nous faire changer de perspective, de costume, d’attitude.

Enlevez les trackers qui chronomètrent, comparent, poussent à la rivalité, enlevez les points de contrôle avec les barrières horaires, enlevez les rendez-vous pour les bivouacs et les ravitaillements, enlevez tout le superfétatoire, ne gardez que la trace, et des imprévus surviennent parce que nous sommes attentifs.

Alors arrive le moment de s’approvisionner dans une boulangerie secrète, ou de croiser un restaurant avec une immense table rien que pour nous, ou de bivouaquer dans une clairière à flanc de falaise. Rien n’est prédéterminé. Nous laissons la journée nous surprendre. Nous sommes des navigateurs sur un même bateau, sans capitaine, sinon le cap que nous suivons. Quand une île se présente, nous décidons d’y accoster, éventuellement.

Pour ma part, je parle peu. J’écoute. La joie des autres soigne mon cœur malade. JM m’a dit qu’Isa devait être heureuse de me voir donner du bonheur aux autres. En moi, elle approuve.

Et nous rigolons. Même moi. Il m’arrive de dire des bêtises, même des grossièretés dignes d’un pompier (il se reconnaîtra). Plus les jours passent, plus la route nous rapproche. Ce que nous perdons en civilité, nous le gagnons en humanité. C’est ça le plus difficile à dire, et peut-être à entendre. En temps normal, nous sommes moins ouverts, il me semble, moins prêts à accepter l’autre, à lui donner autant de temps. Pédaler le dimanche avec les copains, c’est sympa, mais sans commune mesure. C’est une passade de quelques heures, une aventure sans grande conséquence. On rentre chez soi avec mal aux jambes et basta.

En revanche, quand on range ses affaires de bikepacking, on range une tranche de vie, souvent avec nostalgie, un peu de tristesse, et aussi la joie d’avoir vécu avec une intensité décuplée. Cette coloration aigre-douce fait la différence entre les moments agréables et les extraordinaires. Ce n’est pas un truc à recommencer le lendemain ou le surlendemain, à répéter de semaine en semaine. C’est une montagne au milieu de la mer de nos vies.

Comparatif
Comparatif

J’en profite pour mettre à jour la page des 727 VTT, avec les traces des huit éditions. Je me suis amusé à concocter un indice de difficulté, qui consacre l’édition 2024 comme de loin la plus difficile. J’essaierai de faire moins dur l’année prochaine, mais en conservant des singles à gogo.

Prochain rendez-vous, le g727 de fin septembre (plus que 40 places disponibles).

Vendredi 8 mai

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Samedi 9 mai

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Dimanche 10 mai

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Lundi 11 mai

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Salagou
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Mardi 12 mai

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