Thierry CROUZET

g727 2026, au prix de la sueur

Nous rentrons de notre dernière reco du côté de la frontière espagnole. Je n’ai jamais vu mon maillot couvert d’autant de traces de sel. Partis à 17 h, nous en avons terminé 24 heures plus tard, après 160 km, 2 500 m de d+, de nombreux secteurs pas vraiment gravel, des portages, une nuit hachée par les phares de 4x4 sur la piste en direction du col de Banyuls – des gardes forestiers ou frontaliers ? J’ai cru qu’ils allaient me rouler dessus, même si nous bivouaquions dans une boucle protégée par des rochers. Notre présence ne les a pas fait ralentir.

Je m’imaginais dans la peau de Walter Benjamin, parti de Banyuls lui aussi en reco le 24 septembre 1940, guidé par Lisa Fittko. Il marchait dix minutes, s’arrêtait reprendre son souffle et reposer son cœur de cardiaque, puis repartait. Le soir, il n’a pas eu la force de redescendre et a dormi seul dans la montagne. Au matin, ses amis mêlés aux vendangeurs l’ont retrouvé. Ils sont descendus à Portbou où, plutôt que de le laisser prendre un train à travers l’Espagne en direction de Lisbonne, on a voulu le renvoyer en France. Le 26 septembre, il se suicide – et nous partirons le 26 septembre, quatre-vingt-six ans jour pour jour après cette tragédie.

Nous ne sommes pas morts, mais un peu suicidaires aussi. Nous partons de Saint-Laurent de Salanque, remontons la trace à l’envers, à travers la plaine, avant de la quitter à l’approche des montagnes, droit vers le ciel, entre les vignes en escalier vers le col. Comme Benjamin, nous dormons dans une anse de la piste, à deux kilomètres du sommet. La montée a été rude, mais somptueuse. Nous avons grappillé des raisins. De nombreuses vignes étaient déjà vendangées, la saison en avance d’au moins deux semaines sur 1940.

Nous repartons à l’aube pour profiter de la fraîcheur. Descendons par la petite route pour rejoindre la fin de notre précédente reco, effectuée fin mars. Nous attaquons une piste meurtrière, sous un cagnard déjà implacable. Des pourcentages à plus de 15 %, sans le moindre rendement. Puis une descente à faire claquer les dents. Impossible de faire passer par là le g727. Nous emprunterons la petite route que nous avons descendue.

Une fois au col, nous explorons la piste en corniche qui part presque aussitôt sur la droite, mais encore une fois la descente est VTT. Je ne suis pas encore inquiet : la petite route passe en contrebas dans la vallée et rejoint Banyuls. Il est déjà 11 h, nous sommes déshydratés, affamés.

Peu avant midi, nous repartons le long du sentier côtier, magnifique mais exténuant. Forts pourcentages, nécessité de pousser, de marcher. Nous avons juste envie de plonger dans l’eau limpide, mais nous poursuivons. Il nous faut être de retour au bercail pour le soir. Je comprends que le g727 ne passera pas par là ni par la plage du mas de Larrieu où nous pataugeons une heure dans le sable brûlant. Ce coin est OK pour mon Côté Sud VTT, pas pour des gravels.

Vous ne verrez donc ni Banyuls, ni Port-Vendres, ni la plage de Paulilles, et sauterez en parachute sur Collioure. Vous descendrez du col par la route côté français où les 4x4 ont manqué nous écraser. Le g727 reste une trace roulante, accessible à tous les gravellistes, même les moins fous – d’où le dénivelé contenu à 7 000 m (moins de 1 % de pente moyenne au kilomètre). Ça ne sera pas de tout repos, mais nous vous évitons le pire avec nos recos.

Ce matin, après une nuit dans mon lit, j’avais perdu 2 kg.

Se préparer au Grand Départ

Pour le 26 septembre, nous sommes quasi complets. Il ne reste que cinq places sur un total de 99. Pour rappel, j’enverrai aux participants la trace enrichie de POI une dizaine de jours avant le départ et ne la publierai qu’après notre retour. Vous pouvez en découvrir le tracé général et les statistiques ainsi qu’explorer le road book.

Statistiques g727 2025
Statistiques g727 2025

J’ai chargé la trace sur GPX Weather. Dès à présent, amusez-vous à découper votre trajet selon votre nombre de jours de roulage.

Planing
Planing
Prévisions sur la trace
Prévisions sur la trace
Prévisions sur Poussan
Prévisions sur Poussan

Je vous conseille comme toujours des pneus au minimum de 42 mm, avec une préférence pour les 50 mm – pour rappel mon combo : Specialized Terra à l’avant, Tracer à l’arrière, tous deux en 50 mm, gonflés à 1,6 bar. Ne croyez pas aller plus vite avec des pneus plus étroits : quand le corps du cycliste absorbe les vibrations, le gain de résistance au roulement d’un pneu étroit est annulé, puis dépassé, dès que la surface se dégrade, par ailleurs les imperfections du terrain renvoient des forces contraires au mouvement, et cela d’autant plus que la pression des pneus est élevée. Conséquence : vous vous fatiguez surtout plus vite.

La reco en photos

Comme d’habitude, quelques images des endroits traversés, certains que vous verrez, d’autres pas. C’est le jeu.

Vers les Albères
Vers les Albères
Banc géant
Banc géant
J1
J1
J1
J1
Collioure
Collioure
Collioure
Collioure
Vers le col
Vers le col
Vignes
Vignes
Vignes
Vignes
Matin
Matin
Espolla
Espolla
Depuis la piste des crêtes
Depuis la piste des crêtes
Future descente
Future descente
On passera pas là
On passera pas là
On passera pas là
On passera pas là
On passera pas là
On passera pas là
On passera pas là
On passera pas là
On passera pas là
On passera pas là
Fermé le lundi et le mardi
Fermé le lundi et le mardi
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